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Poésie...

LA MEIJE
Auteur :Geneviève COMTE
La Meije
Si haute, si blanche,
Si lointaine,
La Meije m’appelle par mon prénom,
Et j’entends la voix d’une amie.

Si blanche, si froide,
Si altière,
La Meije attire mon regard et mon pas,
Et je rejoins une amie.
Là se rejoignent mes rêves,
Là s’engloutissent mes peines,
Là se créent mes prières,
Là, j’embrasse l’univers.

Je peux boire à en être désaltérée,
Je peux manger à en être rassasiée,
Je peux penser sans une ombre d’angoisse,
Je pourrais y dormir à en être reposée.

C’est ici qu’il me faudrait mourir,
Mais c’est ici que j’ai envie de vivre.
Loi de mon corps fatigué de la marche,
Loi de mon esprit qui se nourrit de beauté.

Ici, je peux respirer
Ou cesser de respirer,
Ici, je peux venir avec des amis
Ou affronter seule l’Oisans tout entier.

Cette marche longue et fastidieuse
Pour mes jambes inexpertes
Me donne fatigue et bonheur,
Me donne des forces vives et joyeuses.

Mon visage ne se bute plus
Aux immeubles agressifs,
Mon oreille ne siffle plus
Au passage des motards pressés.

Mon visage ne se bute plus
Aux vitres d’une fausse vie,
Avec ses murs et ses donjons,
Ses meurtrières et ses oubliettes sombres.
Je gobe l’air léger
Comme le carpillon gobe la mouche,
Comme le papillon, j’étends mes ailes,
Et je suis sûre d’être éternelle.

Geneviève Comte La poésie de Geneviève Mai 2020
La Meije
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