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Poésie...

La randonnée ratée
Auteur :Geneviève COMTE
La randonnée ratée
Un rêve ou deux, pas plus,
Ou un vibrant murmure
Pour m’appeler vers les sommets enneigés :
Rien de plus qu’un désir fou de grimper,
Rien de plus que le désir d’escalader,
De gravir les éboulis bruyants,
D’étaler ma force sur les rochers coupants.

J’ai ouvert les yeux et nié les nuages épars,
Et chaussée des bottes de sept lieues,
Je suis partie avec mes pensées toutes roses
Et l’énergie des marcheurs de l’aube.
Comme une eau échappée d’un glacier,
J’ai ramené mes pensées libres de tout souci
Vers le futur souvenir des amitiés de cordée.

Hélas, au petit matin dans le fond du vallon,
J’ai vu se fendre la pluie
Qui ramenait mes rêves aux eaux dormantes et fades
Du lac glacé séchant au creux des combes.
La montagne se garde et garde mon espoir
Et la vallée se ferme par des étreintes froides.

Aux pentes neigeuses, la soldanelle effrangée
Aurait ravi ma main de sa tendresse pâle,
Et l’androsace couchée sur ses feuilles lancéolées
Pour moi, aurait fait chanter ses corolles mauves
Enfouies dans les rochers.

Mais c’est en vain que mon rêve immuable
Se penche avec douleur vers ce sentier trempé :
Je parle, j’offre ma voix aux grimpeurs frustrés
Et je voile mes yeux mélancoliques
Quand les brumes s’endorment
Au creux des vallées mouillées.
Le Blog de Geneviève