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Poésie...

Sentiers en montagne
Auteur :Genevièce COMTE
Sentiers en montagne
Sous les ciels de juillet,
J’ai souvent frémi de bonheur et de paix
Lorsque les sentiers s’ouvraient sous mon pas régulier,
Capable en ce temps là de grimper sans me plaindre !

Une corolle dans la main
Couronnait toujours mon visage de joie.
Et le ciel bleu là-haut, perdu parmi les pierres
Faisait chanter la montagne d’ivresse.

Je voyais parfois aux éboulis fins et mouvants
S’accrocher la scutellaire
Que les bourdons mousseux
Visitent avec un lent murmure.

A l’aurore froide et claire,
Je caressais les lèvres du calice violet :
Les akènes grisâtres jaillissaient , en extase,
Et leur pubescence légère faisait vibrer mes doigts.

Comme je voudrais aujourd’hui encore
Dormir sous les étoiles et rêver de sommets,
Et non me reposer sur mes pensées frileuses,
En oubliant le nom des fleurs !

La terre chantait à mes oreilles prêtes
Le bonheur d’être jeune, et forte, et généreuse.
A présent, je guette la marmotte dans le vallon trop fréquenté :
J’ entends seulement son cri moqueur.

J’écrase en soufflant la campanule fière
Qui croît dans les coudraies parmi l’épine-vinette,
Trop près des villages où m’attend une voiture tiède
Avec ses bons sièges capitonnés.

Je ressemble comme une sœur d’infortune
A l’adénostyle dont la tête blanche
Se cache douillettement dans ses feuilles de coton
Lovée sur ma fatigue et l’ombre de mes douleurs.

La montagne m’attire mais n’est plus une amie,
Mes chaussures sont lourdes
Et mon pas bien pesant.
Je me console avec trois fleurs que ma main va faner.

Je ferme les yeux sur mes rêves de rochers,
Je laisse à d’autres pas les névés de l’été,
Je peins près de l’asphalte et prends quelques photos
Et puis, j’ entre en ma coquille pour y finir l’été.
Le Blog de Geneviève