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RANDO A THEME

la journée du 17 MAI 2018
Les arbres remarquables
et le circuit de l' O.N.F.

Jean-Pierre MELAYE - Mise en page Ph D
 
LA RANDO
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LE DOSSIER PEDAGOGIQUE

UNE FIGURE ÉNIGMATIQUE : LE TRIPLE-HUIT
ALAIN TOURVIEILLE
La présence d'un signe dit triple-huit est signalée épisodiquement dans les abris du Sud de l'Île de France. Cette figure, appelée tour à tour triple-huit, huit magique ou nœud gordien, est assez remarquable pour être mentionnée chaque fois qu'elle est rencontrée dans un abri orné mais n'a pourtant fait l'objet d'aucune étude transversale.
Le travail qui suit est une première approche du sujet.

Fig. 1 - Triple-huit des Hautes Plaines 1
(Forêt domaniale de Fontainebleau).

La dénomination triple-huit, la plus utilisée à ce jour, est retenue pour le texte présent. Les triple-huit ne sont pas seulement triples : selon leur habileté, les graveurs se sont essayés à des exercices plus complexes. De façon simplifiée ces figures sont faites d'éléments imbriqués les uns dans les autres rappelant des chiffres huit arabes avec des tailles de boucles variables. Nous utiliserons l'appellation générique triple-huit pour désigner cette fa­mille de figures en général et une appellation plus précise telle que quadruple-huit lorsqu'il s'agira spécifiquement d'une figure comportant quatre fois un élément rappelant le chiffre huit. Nous commencerons par proposer un inventaire des triple-huit connus dans le massif de Fontainebleau, puis élargirons l'étude aux triple-huit connus hors du massif. Enfin, nous proposerons une réflexion sur les méthodes de construction et les origines possibles de cette figure, ainsi que sur les motivations des graveurs

I - Les triple-huit du massif de Fontaine­bleauNeuf abris contiennent un total de treize triple-huit. L'ensemble peut être décomposé en deux secteurs :
  • Un premier secteur sur un axe de Milly-la-Forêt à Fontainebleau (4 abris)
  • Un deuxième secteur sur un axe Nord-Sud, dans la vallée de l'Essonne, de la commune de Maisse à celle de Buthiers
    (5 abris).

Fig. 2 - Situation des abris sur l'axe Milly-la-Forêt / Fontainebleau.

I.1 - L'abri des Hautes Plaines 1

Cet abri est situé sur la commune de Fontainebleau, dans la forêt domaniale, à l'intersection de la route des Hautes Plaines et du chemin du Loup. La configuration du site est atypique : la vaste étendue plane qui a donné son nom aux « Hautes Plaines » est un sommet de platière de grès étanche situé à 120 m d'altitude. Cette platière est creusée d'une dépression ovale de 60 m (diamètre est-ouest) sur 20 m (diamètre nord-sud), d'une profondeur de 2,50 m, à fond sableux.


Fig. 3 - Situation des abris sur l'axe Nord-Sud reliant les communes de Maisse à Buthiers, le long de la vallée de l'Essonne
Elle correspond à une zone de la platière où le sable, qui ne s'était pas grésifié, a été évacué par action éolienne. Dans la dépression se trouvent deux dalles de grès dont les bords forment des parois inclinées avec des parties supérieures formant surplomb. Il n'y a pas de chaos rocheux au-devant de ces parois qui ne sont pas d'anciens fronts de taille de carrière. Au-dessus de la plus grande des dalles se trouve une mare dont l'eau est retenue par une curieuse formation naturelle de grès en forme de digue. Elle est utilisée comme bauge par les sangliers et finit par s'assécher dans le courant de l'été ; avec moins de sédiment qu'elle n'en contient actuellement, elle a pu être permanente. À 250 m à l'ouest de la dépression, en suivant la route des Hautes Plaines, on atteint une autre mare permanente de très grande taille (100 x 10 m). La présence de ces nappes d'eau a certainement influé sur la fréquentation humaine de cette dépression. Les dalles verticales sont de dimensions différentes :
  • la plus petite, dite Rocher des Hautes Plaines 2, mesure 8 m en longueur et 1,20 m en hauteur ; elle est ornée de motifs classiques de l'art rupestre bellifontain (Bénard 2017, pp. 18-19) ;
  • la plus grande, dite Rocher des Hautes Plaines 1, mesure 11,80 m en longueur et 2,50 m en hauteur à son niveau le plus élevé. Sur la longueur totale, une zone de 6,40 m porte des graffitis concentrés essentiellement sur une longueur de 3,70 m.
Dans la suite de ce texte, nous nous intéresserons uniquement à cet abri Rocher des Hautes Plaines I.

Fig. 4 - Abri orné du Rocher des Hautes Plaines 1
La grande dalle est traversée par des lignes de fracture verticales, lesquelles délimitent des panneaux. Les panneaux centraux, les plus verticaux, sont couverts de graffitis post médiévaux. On retrouve les graffitis classi­ques : patronymes, dates, calvaires, mono­gramme du Christ (IHS), une fleur de lys légèrement dissimulée en bas de paroi. Les graveurs successifs se sont montrés assez respectueux des réalisations antérieures. Les dates permettent de situer les périodes de gravure. Elles vont de 1515 à 1978, selon la répartition suivante :
 


On peut s'interroger sur l'authenticité de la date de 1515. La forme des chiffres 5 peut faire penser qu'elle appartient bien cette époque. Mais si elle est fausse, cela ne remet pas en cause la suite de l'étude. Au XVIIe siècle, la date de 1683 se retrouve trois fois en bas de panneau à une hauteur variant de 0,80 m à 1,00 m ; ces trois occurrences peuvent être attribuées avec vraisemblance à une même personne qui se tenait assise sur le sol. Par deux fois, cette date accompagne des calvaires et une fois des initiales P.B. Au XVIII' siècle, il n'y a aucune date gravée. Le XIXe siècle, surtout pour ce qui concerne sa seconde moitié, est un pic de fréquentation du lieu Sur cette paroi, le triple-huit est particulière­ment mis en valeur par sa position à hauteur d'yeux et par l'originalité de la figure par rapport au reste des graffitis.

QUELQUES REFERENCES SUR INTERNET

(Les références seront mises à jour en juin 2018)

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